Rencontres de la Gauche à Bram (11) : Delga lance une mobilisation autour de Glucksmann, pour « retrouver le chemin de l’espoir »

21 septembre 2026

Comment éviter un 2e tour Mélenchon / Le Pen, lors de l’élection présidentielle française de 2027 ? Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie et de Régions de France, a sonné la mobilisation lors des Rencontres de la Gauche à Bram (11), autour de trois candidats à la primaire socialiste, Raphaël Glucksmann (Place Publique, candidature qu’elle soutient), Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.

rencontres de la gauche 2026
©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions)

Il s’agit, selon Carole Delga, de « débattre, construire, dans notre diversité, en toute sincérité, en toute franchise, mais aussi en toute radicalité, indéfectiblement républicain, c’est ce qui nous réunit. Nous sommes ici pour se retrouver aussi, pour se serrer les coudes, surmonter les défis, on en a de nombreux, dans notre pays, dans le monde – les menaces géopolitiques, défi dans la lutte contre le réchauffement climatique… »

La réponse par l’échelle locale ? Dans la bastide circulaire du village de Bram, à quelques encâblures de Carcassonne désormais aux mains du RN, Delga, applaudie par environ 2.500 sympathisants réunis dans le Parc des Essarts, invoque « la force du collectif », à 18 mois des élections régionales où elle mettra en jeu un 3e mandat consécutif. « Nous sommes une famille turbulente, le Midi Rouge, attaché à l’action publique, à la grandeur de la France, pour que les Françaises et les Français retrouvent le chemin de l’espoir ».

Citant Léon Blum – « Être pessimiste, c’est être spectateur » –, l’ancienne ministre entend choisir « le camp de l’action, du progressisme, du rassemblement », pour une « révolution écologique » jugée aussi décisive que « la révolution industrielle en d’autres temps ».

Un discours marqué à gauche. Dans un discours résolument marqué à gauche, l’élue dénonce une société « toujours plus injuste, pour ceux qui ont les fins de mois difficiles. L’inégalité de richesses est une injustice qui ne peut plus continuer. Nous devons être la voix de ceux qui se sentent oubliés », lance-t-elle. « Dans le budget d’un ménage, il faut désormais parfois compter plus de 500 € / mois de carburant, pour des gens qui n’ont pas le choix. Nous devons apporter des réponses immédiates, et engager un nouveau modèle de croissance durable. 61 Md€ de dividendes ont été reversés l’an dernier dans les sociétés, et on ne pourrait pas agir contre les injustices ? Il est temps de mettre en place la taxe sur les superprofits pour une aide à la mobilité pour 10 millions de Français. Nous rassemblerons les Français en conciliant les enjeux. Ce chemin doit être victorieux pour 2027, un chemin de l’espoir et de l’avenir pour nos concitoyens. Rien n’est écrit, ni dans l’Histoire ni dans la vie. C’est ça, la République française : ne pas accepter l’ordre établi. »
Thème central dans son engagement, la lutte « contre le déterminisme social ou territorial, qui brise des vies. Nous devons redonner espoir à la jeunesse ».

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Concernant les retraites, « la pénibilité doit être prise en compte. Il y a 7 ans d’écart d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre, et on nous explique que ça serait trop compliqué à mettre en œuvre ? Mais c’est une question de dignité pour nos ouvriers, nos soignants… ! »

En matière de politique économique, elle plaide pour « une CSG progressive dans le cadre du budget 2027, pour mieux vivre de son travail. Cette mesure sera financée par 1 % des héritages français. Cela permettrait d’avoir une augmentation des salaires sans casser la compétitivité des entreprises ».

Fibre Excellence, SAM : des combats au long cours.Revenant sur le refus de l’Élysée de nationaliser Fibre Excellence (31) : « On a besoin de papiers, pour les produits d’hygiène et aussi médicaux. On ne va pas recommencer le sketch des masques ! (période de Covid, note) » Delga entend « garantir un avenir à ce fabricant, pour les 350 salariés mais aussi pour la souveraineté du pays ».
Un combat qui s’annonce long et tortueux. « 350 licenciements, on l’a connu avec l’ex-fonderie SAM en Aveyron, pour laquelle Renault avait demandé une exclusivité. Avec ma majorité, nous nous sommes retrouvés dans l’impossibilité de trouver une solution à court terme. Mais après trois ans de procédures pour acheter le foncier et les machines, nous avons réussi à annoncer l’implantation de deux entreprises. En tout, c’est cinq ans de combat pour redonner de la dignité à un territoire, le bassin de Decazeville ».

Ciblant implicitement les théories et sorties de Macron – ruissellement de la création de richesse, « Gaulois réfractaires », « Il suffit de traverser la rue pour trouver du travail » -, Delga lance encore : « Quand trop de mépris vient d’en haut, on doit redonner de la considération au peuple. »

Ciblant Marine Le Pen, suite à l’affaire du policier municipal de Carcassonne : « Que penser de la complaisance dont a bénéficié ce policier municipal(pris en flagrant délit de propos racistes par nos confrères de Midi Libre, note) depuis mars à Carcassonne ? Nous allons être dans la force de la clarté, nous laissons la confusion à l’extrême-droite. Ce policier faisait partie de la garde rapprochée de Bardella. Le RN porte le même substrat idéologique que Jean-Marie Le Pen. »

Pas opposée au voile islamique dans l’espace public. Sur le sujet du voile islamique dans l’espace public : « Dans la rue, chacun a le droit d’être vêtu comme il le veut. Et je dis ça en m’étant battu contre l’abaya dans les lycées. On ne se laisse pas ‘enfumer’ par les idées de l’extrême-droite, et on ne banalise rien. Qui supprime les navettes de ramassage scolaire ? C’est l’extrême-droite, à Hayange en Moselle. Qui arrête la distribution gratuite de fournitures scolaires ? C’est à Billy-Montigny ou à Nice. Qui supprime des festivals ? C’est à Vauvert, dans le Gard. »

« Refuser l’esprit de défaite ». Avant de conclure : « Nous avons la conviction que la France est à un tournant. La République et l’Europe sont l’avenir. Toute l’Europe des Lumières se bat contre l’extrême-droite, nous devons refuser l’esprit de défaite. »

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