
©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions)
Les Indiscrétions ont arpenté les allées du Mipim 2025 (Cannes), les 12 et 13 mars. En l’absence de Toulouse Métropole – vrai souci de réduction budgétaire ou prudence politique sur les dépenses, scrutées par les oppositions, en vue des élections municipales 2026 ? -, la métropole de Montpellier a eu le champ libre pour vendre ses atouts aux investisseurs nationaux. Avec quelques chiffres ronds pour attirer le chaland (Barcelone à 1h20 en 2040 par le TGV, 10.000 emplois par ci, 10.000 emplois par là). Morceaux choisis.
Cambacérès (gare TGV Sud de France) : 10.000 salariés à l’horizon 2030. « En 2024, 18 entreprises, soit 38 % des implantations tertiaires dans la métropole de Montpellier, ont fait le choix de s’implanter dans le quartier d’affaires Cambacérès, souligne Michel Peinado (Arthur Loyd Occitanie). Au total, ces transactions ont représenté 44.200 m2, sur un total de 116.000 m2. À l’horizon 2030, ce nouveau hub économique de Montpellier devrait compter 10.000 salariés et 10.000 étudiants. On note une concentration de grues en ce moment, avec 50.000 m2 de programmes en chantier : Halle Nova et campus Anima de MBS. Et 32.000 m2 ont déjà été livrés. » Si la zone manque encore de services et de commerces, elle sera desservie par le tramway à partir d’octobre prochain. Et des pôles d’activité émergent clairement : Numérique&IA (CapGemini, Dassault Systèmes, Halle de l’Innovation), EnR (Qair, Engie Green, Gensun), services aux entreprises (Ingerop, Crédit Agricole du Languedoc à venir, Banque Populaire du Sud déjà installée, Flexo, Regus), ICC (Midgar, Smartale Games), enseignement supérieur et formation (Montpellier Business School à travers le campus Anima, Collège de Paris, Ynov).

Il fallait y croire. « Les premières visites, en 2020, se déroulaient au milieu des champs. Ce n’était pas simple de convaincre les investisseurs. Ils y ont cru, ce qui a permis de lancer des programmes, et d’accueillir les entreprises », rappelle Michel Peinado. Le lot E2 (18.000 m2 de surface de plancher) est par ailleurs en cours de commercialisation. La Zac doit aussi s’étendre au sud.
Barcelone. Michaël Delafosse anticipe « la liaison avec Barcelone à grande vitesse. En 2040 (2044 au mieux pour la liaison Béziers-Perpignan selon la SNCF, ndlr), Montpellier se trouvera à 1h20 de la capitale économique de l’Espagne ». Info, vous l’aurez compris, à mettre au conditionnel.
Santé globale : 7.500 emplois sur le territoire. La santé globale (santé, environnement, agroécologie) pèse 7.500 emplois, et pourrait peser « 10.000 emplois en 2030 », anticipe Michaël Delafosse. Le territoire s’enorgueillit, entre autres, de 2.700 chercheurs et enseignants, 200 entreprises de la medtech, d’une banque unique de conservation de plantes cultivées méditerranéennes et tropicales (centre de ressources génétiques Arcad), le pôle de compétitivité Unesco Icireward. « L’enjeu est de connecter des pôles mondiaux, comme Boston, Heidelberg, Tel Aviv, Shanghai. Nous voulons pousser les chercheurs à créer des entreprises, et devenir des référents en matière d’IA et de santé. Des infrastructures immobilières et technologiques répondent à des besoins spécifiques : animaleries, industries de pointe à Cap Gallargues (Gallargues, Gard, Zac aménagée par Altémed), laboratoires, liens avec des organismes de recherche… Et il faut penser en tant qu’européen. Vu les turbulences géopolitiques du moment, nous devons contribuer aux enjeux de souveraineté », indique l’élu.
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Biopôle, CRIBS et CTIO. Trois grands équipements sont programmés : le futur nouveau biopôle (8.500 m2, livraison en 2027, porté par Altémed), le centre de ressources biologiques CRIBS (15.000 m2 dédiés aux activités de biologie hospitalière) et le futur Centre de transfert de l’innovation en oncologie (CTIO), chaînon manquant entre la recherche fondamentale (laboratoire) et la recherche clinique (appliquée aux patients), avec un espace dédié aux startup travaillant sur le cancer, et devant permettre aux chercheurs de devenir entrepreneurs. La première pierre du CTIO sera posée prochainement, indique Michaël Delafosse.
ICC : Mathematic Studio place Montpellier « au centre ». La société de production vidéo Mathematic Studio (300 salariés à Paris, Montpellier, Los Angeles, New York et Montréal) place Montpellier « au centre de son dispositif de fabrication », selon Guillaume Marien, son fondateur. Citant quelques références : O’Dessa, The New Look, Disclaimer, Lunel de miel avec ma mère, Vesper Seeds (réalisé par Bruno Samper, vivant à Montpellier et incarnant la partie créative sur le thème de l’IA). Travail en cours : Le Marsupilami (pour Pathé), dont une partie de l’animation 3D est réalisée à Montpellier. Mathematic Studio vise 150 salariés en 2030, soit un tiers de ses salariés à cet horizon (300 à l’heure actuelle). L’écosystème est jugé mature, entre Esma, Ubisoft etc.
« S’implanter à Montpellier nous a permis de conserver des compétences : à la fois ceux qui voulaient quitter Paris, ou d’autres qui rentraient du Canada et ne souhaitaient pas s’installer à Paris », confie-t-il.
L’IA ne peut pas être éludée dans cette industrie. « Il faut créer des liens entre universités, recherche et IA. Dans ce cadre, nous allons mener à bien des développements à Montpellier. » Autre point, sur le plan immobilier : « Les équipes de la métropole nous ont proposé un plan de développement en plusieurs étapes, répondant à nos contraintes économiques. Nous n’avons pas trouvé ce type d’accompagnement ailleurs. »
Le siège d’Altémed dans le quartier Mosson en 2028. Développé sur 7.000 m2, avec trois cellules commerciales en rez-de-chaussée et 3.500 m2 de bureaux, le futur siège d’Altémed sera livré fin 2027. Le permis de construire doit être obtenu au 4e trimestre 2025. Architecte : Ferrier Marchetti Studio, Tautem Architecture. Jacques Ferrier, présent sur le stand de Montpellier, a expliqué avoir travaillé « sur la silhouette et la couleur » du bâtiment, dans un quartier marqué par « l’urbanisme de géométrie des années 60 ». La façade sera composée d’un verre « 100 % recyclé par un grand fabricant français de verre ». L’immeuble sera raccordé au réseau de chaleur urbain.
« Oasis » à la Biennale de Venise. La folie architecturale Oasis (Sogeprom-Pragma), prévue dans le quartier Ovalie à Montpellier, « sera présentée à la Biennale d’architecture de Venise », prévue de mai à novembre, annonce Michaël Delafosse. « Les villes ont besoin de marqueurs, comme on l’a eu avec les places, les églises, les beffrois, décrit l’architecte du programme (avec Isabelle Van Haute), Thomas Coldefy. Face au GGL Stadium, Oasis sera justement un marqueur. Participer à une architecture acceptable et désirable est une fierté. Je pense que les Folies architecturales de demain seront inspirées par ce que nous dicte la nature. Sur Oasis, pour imaginer deux émergences verticales, nous nous sommes inspirés de la protection que les arbres nous apportent, en l’occurrence des pins parasols. Il y a aussi un travail avec des matériaux biosourcés, dont du bambou tressé provenant de la bambouseraie d’Anduze, dans le Gard. »
Mini-Ode à la mer le long de la 113 au Crès (34). « Le réaménagement urbain, le long de la RN 113 au Crès, est un projet à 15 ans », glisse, le 12 mars lors du Mipim, Stéphane Champay, maire du Crès et vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole délégué à l’Aménagement durable du territoire, l’urbanisme et la maîtrise foncière. « On sait ce qu’on ne veut pas », faisant allusion, sans la nommer, à l’urbanisation moyennement heureuse, le long de la RN 113, à Castelnau-le-Lez. Celui qui pilote le PLUI-Climat à la métropole prône « de la mixité fonctionnelle et sociale. La densité n’est pas arrêtée », mais elle sera forcément au cœur des débats, avec deux stations de bus tram. Plusieurs enseignes sont concernées : Union Matériaux, des garages, Biocoop, Chronodrive, l’hyper Carrefour, des concessionnaires automobiles…. « Tous ne vont pas partir, mais la zone est gelée. Une étude est menée en collaboration avec 3M. La gestion de cet endroit se fera de façon collective, et non pas à la parcelle. 3M préempte dès qu’elle peut en cas de vente, pour anticiper par rapport à la problématique hydraulique, pour aménager des drains et des bassins de rétention, afin que les eaux de pluie se déversent dans le Salaison. Aujourd’hui, les aménagements hydrauliques sont sous-calibrés dans le secteur. Il faut d’abord régler cette question, qui est trop importante. »
> Sur le même sujet : « Reconquête urbaine : un mini Ode à la mer au Crès le long du bus tram », Les Indiscrétions du 22 janvier 2024, lire en cliquant là
Mipim off. « Il y a un ‘Mipim off’ cette année, glisse Michaël Lalande (Idealys). À l’intérieur du palais des festivals, dont l’accès est payant, ça parle beaucoup anglais. À l’extérieur, des boîtes françaises, qui surveillent leur trésorerie, mais qui veulent quand même en être, donnent des rendez-vous dans des cafés. Aujourd’hui (12 mars, ndlr), entre le Mipim officiel, pour lequel je me suis inscrit, et ces rendez-vous extérieurs avec des clients et prospects, tenus par mes équipes, j’ai dû parcourir 10 km ! »
Docs sur demande. Les documents projetés par Montpellier Méditerranée Métropole lors des différentes séquences du Mipim 2025 sont disponibles sur demande en nous contactant sur julie@agencehv.com et hvialatte@gmail.com