Décentralisation, collecte des déchets, friches industrielles, PLF 2027, Blue Invest… Loïc Linares (Sète Agglopôle) se confie

2 novembre 2026

Près de deux heures d’échanges avec la presse : ce 21 octobre, Loïc Linares, président de Sète Agglopôle Méditerranée, brosse un large et utile tour d’horizon. Morceaux choisis.

Par Hubert Vialatte

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Loïc Linarès ©Hubert Vialatte (Les Indiscrétions)

L’agence d’attractivité Blue Invest « requestionnée ». Interrogé par Les Indiscrétions sur le devenir de l’agence d’attractivité Blue Invest (directeur : Bastien Cabrol), après les changements à la tête des deux exécutifs qui coprésident l’agence (Hérault Méditerranée et Sète Agglopôle), Loïc Linares indique que Blue Invest est « requestionné. On souhaite l’ouvrir au port de Sète, à Montpellier Méditerranée Métropole, à Wind’Occ (éoliennes en mer) et à Ad’Occ. Le port de Sète doit avoir une zone de résonance plus importante, jusqu’à Garosud à Montpellier ». En matière d’opportunités foncières, l’élu souhaite optimiser les 300 ha de zones d’activité existantes, et transformer « 30 ha de friches industrielles dans les 20 prochaines années ».
Les besoins de Blue Invest doivent, selon Loïc Linares, être « réévalués. Hérault Méditerranée a par exemple déjà son service de développement économique ».
Il prône une « thématisation des zones d’activités existantes. Ce qui veut dire qu’il faut savoir dire non à certaines opportunités, ce qui n’a pas été le cas dans le passé, avec au final des zones d’activités hétéroclites, avec des activités ne se trouvant pas au bon endroit ». Loïc Linares espère annoncer « deux bonnes nouvelles dans le secteur de l’économie bleue, dans les prochains mois ».

LGV : « Une opportunité pour un futur RER du littoral ». Alors que son prédécesseur, François Commeinhes, campait sur une position d’opposition vis-à-vis du projet de LGV Montpellier-Béziers (au motif que la ligne allait traverser le territoire sans s’y arrêter), Loïc Linares réaffirme son soutien au projet. « Je récupère un projet lancé. Tout le monde le sujet nécessaire. Les décisions ont été prises. Je m’organise pour négocier au mieux pour l’intérêt du territoire. Les marchés sont lancés, les groupements y répondent, le calendrier avance. En matière d’emplois, nous travaillons avec 3M pour faire en sorte que l’investissement bénéficie aux entreprises du territoire. C’est un sujet à anticiper. » La future LGV, prévue pour 2034, doit permettre de libérer des sillons ferroviaires sur l’axe existant. « Il y a aujourd’hui 70 arrêts par jour de TER. L’objectif est de monter à 100 une fois le doublé de ligne réalisé. Ce RER du littoral, il nous le faut à tout prix, pour réunir nos territoires – Sète, métropole de Montpellier, Nîmes. Il faut des cadences suffisantes pour que les gens ne se posent même plus la question du train ou de la voiture. » Aux cadences accélérées (un train chaque 15 mn), doit s’ajouter une amplitude horaire élargie. « Un étudiant résidant sur le bassin de Thau doit pouvoir se rendre à Montpellier en train sans se poser la question du retour le soir. Idem pour les étudiants de Montpellier voulant venir profiter de notre territoire. »

Déchets : l’UVE récupère des déchets de 3M pendant 4 ans dans le cadre d’une coopération. L’unité de valorisation énergétique (UVE) récupère depuis le 1er janvier une partie des 100.000 tonnes de déchets que 3M envoie chaque année à l’enfouissement. « C’est une montée en puissance, pour arriver à 40.000 tonnes par an. En contrepartie, Sète Agglopôle pourrait profiter de la gestion des biodéchets de 3M, dans le cadre d’une coopération », évalue Loïc Linares.

PLF 2027 : « On nous oblige à renoncer à des investissements ». Le projet de loi de finances 2027 « demande aux collectivités 5 Md€ d’effort, alors que nous sommes l’une des premières forces d’investissement dans les territoires, et le dernier amortisseur social. On nous oblige à renoncer à des investissements, et à faire des choix au niveau des politiques publiques. Le gouvernement fait fausse route. Il est urgent qu’il prenne en compte ce qui se passe sur le terrain. Je l’ai exprimé plusieurs fois à l’autorité préfectorale, et à Intercommunalités de France (dont il est membre du bureau national et vice-président en charge du Sport, Les Indiscrétions du 19 octobre, à croquer ici). Les CCAS font face à une explosion des personnes en détresse. Les maires peinent à faire vivre leur mandat. Il est urgent que l’on nous considère et nous entende, en tant qu’élus mais aussi comme représentant des habitants du territoire. »

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Renouvellement de la collecte des déchets : Urbaser succède à Nicollin. C’est une petite révolution : Urbaser succèdera à partir du 1er janvier au Groupe Nicollin pour le marché de collecte des déchets, sur les communes de Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval, Gigean et Balaruc-le-Vieux (le reste étant en régie). Ce marché de 8 ans s’élève à plus de 60 M€, avec la mise en place d’un marché de performance. « Le marché est très cadré en matière de RH, avec reprise à 100 % des agents et des garanties de traitement salarial par le nouveau délégataire », insiste l’élu. Urbaser aura pour mission « de baisser les flux qui arrivent à l’UVE, par une meilleure gestion du tri, des actions de sensibilisation auprès des usagers, et en améliorant la gestion des déchets professionnels ». Revenant sur les raisons du choix de changer de prestataire : « La critère financier n’a pas été déterminant. C’est le process technique qui l’a été. » Le président de Sète Agglopôle précise que ce marché « crée les conditions pour qu’un passage ultérieur en régie puisse être étudié ».

Septembre 2027 : convergence de documents structurants. PLH, Scot, projet de territoire, plan mobilités… L’objectif est de faire converger ces documents structurants en septembre prochain. La méthode ? « Écouter les populations, assumer nos responsabilités, confronter les avis aux réalités. Les habitants n’ont pas toujours la lecture des contraintes et des règles auxquelles nous devons nous soumettre. Il faut leur expliquer nos difficultés, face à certaines solutions de bon sens qu’ils identifient à juste titre, mais qui sont parfois difficiles à appliquer. »

Aberration de la friche de Timac Agro (15 ha), à Sète et appel à la décentralisation. « Il n’y a plus que 8 personnes qui y travaillent. Ce foncier est en zone rouge PPRI, ce qui signifie que le risque ne doit pas être augmenté. Timac Agro a compté jusqu’à 40 salariés. On ne peut donc pas accueillir un projet de plus de 40 salariés… alors qu’on se trouve en bord d’étang ! Cela fait deux ans que l’on échange avec les services de l’État pour envisager de pouvoir réaménager le site en allant au-delà de 40 salariés sur 15 hectares en recyclage de friche et en bord d’étang… Mais le risque inondation n’est pas le même à Frontignan Plage et au bord de l’étang de Thau ! Il faut des marges d’adaptation. Voilà notre réalité quotidienne en tant qu’élu. On ne peut pas nous demander de faire, et ne pas nous faire confiance. Ce n’est pas pour rien que les gens s’énervent : on est dans une impasse, les choses ne fonctionnent plus, les procédures prennent un temps fou, alors qu’il faut réindustrialiser le pays et loger les gens. Les collectivités doivent avoir les moyens d’agir, avec leur capacité à adapter aux spécificités locales, sous l’autorité du corps préfectorale. La décentralisation devient un sujet fort. »

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