
Elle fait partie de celles et ceux qui repensent la mobilité du quotidien. Tout juste diplômée du Master Transports, Mobilités et Réseaux de l’Université Paul-Valéry de Montpellier, Oonagh Whelan travaille chez Courriers du Midi, filiale du groupe Keolis (opérateur privé de transport public de voyageurs), où elle conçoit les itinéraires de cars sur la plateforme Tott Up. Une mission qu’elle a d’abord menée en stage, avant d’être recrutée.
C’est au cours de son master qu’elle est repérée par Keolis : avec sa promotion, elle conduit une étude sur le Service express régional métropolitain (Serm) du Grand Montpellier. « On s’est posé beaucoup de questions, on a tenté d’apporter des réponses », explique-t-elle lors de son intervention à la table ronde “Mobilités : l’heure de l’action” (Agencehv) ce 6 novembre. Leur méthode ? Entretiens avec des conducteurs, discussions avec des habitants, données Insee sur les trajets domicile-travail, diagnostic par secteurs et analyse des montées via la billettique.
Elle explique la logique adoptée par son groupe : définir le périmètre du Serm à partir des flux réels de déplacements vers Montpellier, et non des frontières administratives. « Nous sommes allés chercher jusqu’où les gens vont encore travailler à Montpellier », résume-t-elle. C’est ce raisonnement qui les a conduits à inclure Ganges dans leur proposition, car la commune envoie encore de nombreux actifs vers Montpellier, contrairement au périmètre actuel du Serm. À l’inverse, poursuit-elle, Pézenas n’a pas été intégrée dans leur périmètre, car son aire d’attractivité se tourne davantage vers Béziers. « Ce sont des choix que nous avons dû faire », précise-t-elle.
Sur l’offre, elle détaille un travail de rationalisation avec deux lignes distinctes pour le Vigan–Ganges–Montpellier, dont une desserte fine et une express, et des horaires fixes pour simplifier la lecture. « Plus c’est facile et compréhensible, plus on a la possibilité de prendre ce transport-là », souffle-t-elle. Elle souligne aussi les limites du réseau actuel quant à la multiplicité d’itinéraires selon les jours et la difficulté pour les conducteurs à mémoriser ce qui dessert quoi.
Elle résume ce qui, selon elle, devrait guider toute décision publique. « On s’en fout de savoir si un bus est bleu ou rouge (sic). La question, c’est : que faut-il pour les habitants ? »
Sur le même sujet : « « Mobilités : l’heure de l’action ! » : on revient sur la LoupeHV du 6 novembre », Les Indiscrétions du 17 novembre, à croquer ici.