
À 16 ans, Gaël Letellier ne s’est pas contenté de râler contre les poubelles éventrées au petit matin. À Vailhauquès (34), aux portes de la garrigue, les sangliers s’invitent depuis deux ans dans les rues de son village. « On ramasse les déchets tous les jours », raconte le lycéen en classe de Première. Lassé de voir la poubelle de sa maison renversée, il conçoit une solution maison grâce à son imprimante 3D. Nous parlions de son dispositif dans Les Indiscrétions de la semaine dernière, à (re)lire juste ici.
Baptisé « Poubloque », son dispositif permet de maintenir le bac fermé et fixé, sans gêner le passage des éboueurs. Au départ, l’invention ne concerne que son foyer. Puis le problème s’étend. Gaël publie un message sur le groupe Facebook « Vailhauquès s’entraide ». Peu de réactions. L’été, les sangliers se font plus discrets, l’intérêt retombe. Mais à la saison suivante, les rues de nouveau jonchées de détritus relancent la machine. Il y a un mois, l’adolescent décide de passer à l’étape supérieure. Contact avec l’adjoint au maire, présence annoncée sur le marché, échanges avec le service déchets : les habitants se montrent cette fois curieux. Gaël affine son offre : un kit complet – système, sangle, vis et notice – autour de 20 € pour équiper deux poubelles. Il propose même l’installation à domicile pour 5 € supplémentaires. « Beaucoup utilisent des tendeurs, mais ils se les font manger, et ça peut gêner les éboueurs », observe-t-il.
Autour de lui, des soutiens se manifestent. Des entrepreneurs locaux l’invitent à présenter son projet lors d’événements. Son père l’aide sur la partie informatique ; un site internet est presque finalisé, une vidéo promotionnelle est en préparation. Gaël qui ne sait pas encore « ce qu’il fera plus tard », découvre le goût d’entreprendre.
Lucide, il sait qu’un brevet serait coûteux et facilement contournable. Son ambition ? Tester le marché local, puis viser plus large, à l’échelle de l’Hérault, voire de l’Occitanie, territoires eux aussi confrontés aux incursions de sangliers. « Je ne sais pas exactement où ça peut mener. J’irai le plus loin possible », confie-t-il. À Vailhauquès, en attendant, les poubelles tiennent debout.
Sur le même sujet : « On aime », Les Indiscrétions du 16 février, en cliquant juste ici.