L’âge d’or du fer reviendrait-il en France à l’âge de pierre ? « En France, un train qui a 3 minutes de retard, c’est un exploit. Au Japon, le ministre des Transports démissionne. » La saillie de Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier, est vécue chaque jour par des centaines de milliers de passagers. Ou usagers. Ou clients. Ou voyageurs. On ne sait plus quel mot employer. Il faudrait d’ailleurs un jour se mettre d’accord sur la terminologie.
Les avantages du train, un mode de transport traversant les générations depuis le XIXe siècle, ne sont plus à démontrer. Son éternelle modernité non plus. Massification des flux, sécurité, pénétration dans les cœurs de ville, décarbonation / électrification des usages.
Quand toute cette belle mécanique fonctionne – ce qui arrive, sans se livrer au jeu aléatoire des statistiques ressentis -, c’est un rêve éveillé. On peut bosser à bord, on arrive à destination reposés, on ne perd pas de temps. Malheureusement, l’état du réseau, dégradé par un sous-investissement chronique de l’État, génère une récurrence dans les retards, voire les suppressions parfois inexpliquées, venant à décourager le plus féru adepte du fer. Le pire, c’est qu’une tolérance aux défaillances de trafic s’est insidieusement répandue. Ce que des essayistes libéraux nomment cruellement « une culture de la médiocrité » : plus une chose survient, plus elle rentre dans le champ de l’acceptable.
Pourtant, l’envie de train creuse son sillon. Chez les nouvelles générations, qui ne se jettent plus sur la voiture individuelle. Chez les actifs, écrasés par la hausse des prix à la pompe. Dans les grandes métropoles, où les Serm (services express régionaux métropolitains) attendent leur déploiement, pour favoriser l’intermodalité. Reste à aiguillonner les aiguillages… budgétaires.