La course à la mairie de Nîmes est lancée. Après quatre mandats, Jean-Paul Fournier (LR) ne se représentera pas en 2026 pour un cinquième mandat. Les premiers candidats à la mairie de la capitale gardoise (150.000 habitants, 3e ville la plus peuplée d’Occitanie) se dévoilent. Après Valérie Rouverand (Renaissance) mi-janvier, Julien Plantier, actuel premier adjoint de Jean-Paul Fournier, publie le 23 janvier une vidéo sur Instagram, tournée devant le Musée de la Romanité, pour annoncer sa candidature. « Je suis candidat. La situation m’oblige à prendre mes responsabilités. Certains diront que cette candidature est trop prématurée. Au contraire, si nous ne souhaitons pas renoncer au bilan de Jean-Paul Fournier, il faut que nous agissions dès maintenant dans démarche collective et d’union. Je crois beaucoup à la consultation, à la concertation. L’avenir de cette ville commence dès aujourd’hui, si nous ne souhaitons pas renoncer au bilan de Jean-Paul Fournier qui, en 40 ans d’action publique, a métamorphosé la ville. »
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Face à Julien Plantier, à droite, la candidature concurrente de Franck Proust, ex-député européen et président LR de Nîmes Métropole, prend forme. « La candidature de Julien Plantier à Nîmes est hors calendrier et hors sujet. Je n’ai pas la même lecture que lui sur le timing. Je suis sur le terrain. Il y a tellement de dossiers à travailler sur ce premier trimestre. Seules les candidatures déposées en préfecture compteront », riposte-t-il 24 janvier Franck Proust sur France Bleu Hérault. Et de préciser, auprès du Réveil du Midi (à lire en intégralité ici) : « Mon collègue, qui appartient à notre famille politique (LR, même si Julien Plantier n’est plus adhérent, ndlr), sait très bien qu’aujourd’hui, il ne peut être candidat à la candidature. Pour les villes de plus de 100.000 habitants, notre famille politique se réunira en commission d’investiture et choisira parmi les candidats déclarés. Et à Nîmes, il y aura une attention particulière. C’est une ville importante pour les Républicains. »
Un long parcours aux côtés de Jean-Paul Fournier. Julien Plantier est aussi président du puissant aménageur et opérateur immobilier SAT / SPL Agate est le premier candidat à se déclarer à droite. En octobre 2023, il a signé le refus du permis de construire du nouveau stade de Nîmes Olympique, croisant le fer par médias interposés avec Rani Assaf (ex-Free), président du club de football. Julien Plantier, 39 ans, docteur en droit public, est élu à la mairie de Nîmes depuis 2008. Il est depuis 2020, premier adjoint délégué à l’urbanisme, après avoir été notamment adjoint aux Sports lors du précédent mandat.
« Si nous sommes divisés, nous sommes sûrs de perdre. » En août dernier, Jean-Paul Fournier déclarait aux Echos, à propos de la rivalité Plantier / Proust : « Ils doivent s’entendre. Aux dernières élections législatives, la gauche était en tête, et le RN est très puissant dans le Gard (six députés dans les six circonscriptions, ndlr). Si nous sommes divisés, nous sommes sûrs de perdre. »
L’un des dossiers chauds du futur maire de Nîmes sera, aux côtés du préfet du Gard, la lutte contre le trafic de drogue, qui amène son lot de règlements de compte dans les quartiers Politique de la Ville. « Nîmes est un peu devenue la banlieue de Marseille », souffle Jean-Paul Fournier, qui fêtera ses 80 ans en octobre. Des excroissances de la DZ Mafia y sont mêmes identifiées par les services de police et de justice (Le Monde, 9 décembre, lire ici).