Par Jules Mestre
« Nous franchissons tous les seuils à la baisse. En France, la vente de logements n’a jamais été aussi basse ». Thierry Iacazio, président de la FPI Occitanie-Méditerranée, dresse un bilan sans fard du premier semestre 2026, ce 15 septembre, lors d’une conférence de presse donnée dans les locaux de la fédération régionale.
Chute libre au national. Après 103.000 logements vendus en 2024 puis 96.000 en 2025, le marché recule encore de 10 % sur le S1 2026. Les ventes en bloc aux bailleurs sociaux, sur lesquelles le secteur s’était appuyé, chutent de 40 %, faute de fonds propres. Les ventes aux particuliers repartent légèrement (+1000 logements, à 6.500), sans inverser la tendance.
Même situation en Occitanie-Méditerranée. -10 % en comparaison à un premier semestre déjà mauvais l’an dernier. Les mises en vente ne représentent que 40 % du total 2025. Les autorisations de construire s’effondrent : -41 % sur le territoire, -45 % dans l’Hérault. Le bail réel solidaire (BRS) pèse désormais un logement vendu sur cinq dans la région (80 % de propriétaires occupants, 20 % d’investisseurs).
Moins de 5.000 €/m2 sur 3M. Les mises en vente atteignent 600 logements au S1, en baisse de 15 % sur un an mais en hausse par rapport à 2024. Le BRS y représente une vente sur trois, jusqu’à 43 % des ventes aux propriétaires occupants sur la seule ville de Montpellier, où les mises en vente chutent de 37 % à mi-année. Le prix du collectif libre hors stationnement tombe sous les 5 000 €/m², signe d’une production repensée pour vendre moins cher. La durée d’écoulement grimpe à 10 mois, pour des prix en baisse de 9 % par rapport à 2023.
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Ailleurs, situation contrastée. Une opération Vinci Immobilier de 100 logements à Garons (30) a dopé le marché, avec un stock désormais plus sain. Béziers Méditerranée n’a enregistré aucune vente en bloc, seulement 105 en détail. Perpignan Méditerranée est le plus touché : ventes nettes divisées par deux, à 152 logements au S1 contre 313 un an plus tôt. La liquidation du promoteur Vestia avant l’été illustre la fragilité du secteur.
Regard vers la présidentielle. Pour Thierry Iacazio, l’urgence est désormais politique, et il a le regard tourné vers l’élection présidentielle à venir : « Le logement, à ce jour, est présent dans le discours de tous les candidats. Ça nous fait drôle, ça change par rapport aux précédentes élections, nous sommes ravis que le sujet soit pris au sérieux », souffle-t-il. Pour lui, la loi de finances 2027 devra impérativement « booster le statut du bailleur privé », condition jugée indispensable pour relancer l’investissement locatif.
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