
©Jules Mestre
Ce jeudi 23 janvier, en soirée, le tribunal de commerce de Montpellier a tenu son audience solennelle de rentrée au sein de la Cité Judiciaire Méditerranée. Les Indiscrétions étaient sur place.
+ 18 % de cessations de paiement.
En 2024, le tribunal de commerce a traité 699 cessations de paiement (contre 594 en 2023, +18 %). Les ouvertures de procédures de sauvegarde ont augmenté de 20 %. « Au total, ce sont 1.009 ouvertures de procédures collectives en 2024, explique Nadine Baptiste. Ce chiffre comprend les procédures de sauvegarde, les redressements et liquidations judiciaires, et les liquidations judiciaires simplifiées. En grande partie, ces liquidations concernent des entreprises sans locaux ni employés. Elles ont donc moins d’incidence sur l’économie locale. »
Quatre secteurs en difficulté. Les ouvertures de procédures collectives concernent le domaine de la construction et de l’activité immobilière (29,7 %) (à (re)lire ici, Les Indiscrétions du 20 janvier, où la FFB Hérault tire la sonnette d’alarme), le commerce (20 %), la restauration et l’hébergement (13,4 %) et les activités spécialisées (7,7 %).
De plus en plus d’entreprises déposent leurs comptes annuels. « C’est pourtant une obligation légale, mais nous pouvons nous satisfaire du nombre d’entreprises qui ont déposé leurs comptes en 2024, dans l’Hérault. Elles sont 30.053, soit une hausse de 15 % par rapport à l’année d’avant », glisse Nadine Baptiste.
Fragilité. « Le contexte est incertain, et il l’est depuis plusieurs années désormais. On enchaîne une crise sociale sans précédent, une pandémie, et une guerre qui fragilise beaucoup de choses », explique Nadine Baptiste.
« Venir en amont des difficultés est un acte de gestion, non un aveu d’échec. »« Je regrette que les dirigeants tardent à demander de l’aide, le plus souvent par honte. Ça n’a rien d’un aveu d’échec. 75 % des procédures amiables sont un succès, je souhaite renforcer la prévention auprès des organisations patronales à ce sujet », indique Nadine Baptiste.
La chambre des sanctions sur le pont. De 2023 à 2024, la chambre a vu le nombre de dossiers à traiter exploser : + 325 %, de 16 à 68 dossiers. « Le parquet poursuit avec parcimonie, avec pour but d’assainir le monde des affaires. Cette instance vient sanctionner le comportement défaillant d’un patron », précise Laurent Fekkar, procureur de la République adjoint.
Montpellier pas retenu pour l’expérimentation des tribunaux des activités économiques. « Je regrette cette décision, malgré nos démarches entreprises. Mais prions pour que ces tribunaux soient généralisés à l’issue de l’expérimentation », lance Nadine Baptiste. Depuis le 1er janvier, 12 tribunaux des activités économiques sont testés en France. L’objectif étant de mesurer l’intérêt d’avoir un seul tribunal pour traiter l’ensemble des procédures amiables et collectives des professionnels en difficulté. Une manière de combiner les compétences des tribunaux judiciaires et de commerce. Cette expérimentation s’étendra jusqu’au 31 décembre 2028.
De nouveaux secteurs porteurs. « Il y a de nouveaux secteurs qui émergent, et qui sont sources d’investissements massifs, et porteurs d’emplois. Je pense aux industries culturelles et créatives, très présentes sur notre territoire », souligne Nadine Baptiste.
Une commission numérique créée. « Le grand défi actuel, c’est l’IA générative », explique Nadine Baptiste. Cette commission numérique devra mettre en place le guide des bonnes pratiques, et identifier les dérives possibles.