« La réutilisation de l’eau n’est plus optionnelle » : à Mèze (34), le Water Reuse Institute veut accélérer l’innovation des technologies de l’eau

5 octobre 2026
Water Reuse Institute - Les indiscretions
©Water Reuse Institute

Éprouver en conditions réelles les innovations dans le traitement et la réutilisation de l’eau. C’est l’ambition du futur Water Reuse Institute, lancé à Mèze (Hérault), sur une partie en friche de l’écosite. Avec une idée phare : « La réutilisation de l’eau n’est plus optionnelle ». L’idée consiste ainsi à concentrer en un seul lieu à la fois l’innovation, la preuve en conditions réelles, l’industrialisation et le premier déploiement. Le futur site développera 6.000 m2 dédiés à la R&D appliquée. Vont être aménagés 2.000 m² de bassins d’expérimentation, une serre de R&D, un laboratoire, un atelier de fabrication, des démonstrateurs et un centre de formation dédié aux bureaux d’études, aux entreprises et aux collectivités.
« Le Water Reuse Institute sera un démonstrateur de technologies. Les startups auront accès aux différentes typologies d’eau – grises, noires, pluie, salée… – pour tester leurs innovations », projette Romain Salza, gérant d’Acqua.Ecologie, l’une des entreprises qui portent le projet, aux côtés de Science Nature Technology et Biomicrobics. Un appel à projets est lancé pour accueillir plusieurs startups du secteur.

L’investissement s’élève à 2 M€. Des demandes de subventions sont en cours auprès de la Région Occitanie, de l’État et de l’Europe. La communauté d’agglomération Sète Agglopôle Méditerranée a conclu avec Acqua.Ecologie un bail emphytéotique de 50 ans sur cette partie de l’Écosite du bassin de Thau.

International. Le Water Reuse Institute s’appuie sur un réseau international. Par exemple, une rencontre organisée en avril dernier à Mèze a réuni une centaine de professionnels provenant de 90 pays, avec l’objectif d’inclure des technologies peu ou pas utilisées en France. « En France, on a tendance à vouloir réinventer la roue, en se posant beaucoup de questions, alors que les réponses existent ailleurs », observe Romain Salza.

Plusieurs fronts d’innovation sont identifiés

Stations d’épuration nouvelle génération (traitement poussé, réutilisation sur site, réduction des rejets…), micropolluants et contaminants émergents, procédés de recyclage de l’eau (effluents complexes, lavage, refroidissement…), traitement et réutilisation sur site dans les bureaux, hôtels, lieux d’habitation…, réutilisation agricole et effluents vinicoles, ou encore applications dans les ports, les navires et les milieux marins (eaux embarquées, ports, assainissement naval, dessalement, eaux de cale et maîtrise des rejets). « Aucune technologie n’est jugée seule. Elle est replacée dans la filière complète et les contraintes de son usage », complète le biologiste.

L’enjeu est de pouvoir associer différentes briques technologiques – traitement biologique, membranes, filtration, UV ou désinfection – et mesurer leur efficacité selon l’effluent et l’usage recherché. « Nous pourrons tester, mesurer et démontrer les technologies dans des conditions réelles. Ce qui est nécessaire : les nouvelles technologies peuvent créer un doute dans le domaine de l’eau », explique Romain Salza.

Acqua.Ecologie a déjà expérimenté, en cumulé, une centaine de briques technologiques. L’entreprise de 11 salariés, qui réalise 1 M€ de chiffre d’affaires, conçoit des solutions de traitement et de réutilisation de l’eau, à terre et à bord des navires. Sa méthode consiste notamment à combiner les technologies de plusieurs partenaires pour développer de nouveaux usages. La PME va par exemple lancer un système membranaire miniaturisé de réutilisation de l’eau, jusqu’alors plutôt destiné aux industriels. Cette version compacte, avec une cuve d’environ un mètre de diamètre sur un mètre de hauteur, est lancée pour les maisons individuelles et petits immeubles. « La prochaine étape est de recycler l’eau au plus près de l’endroit où elle est consommée. L’idée est d’utiliser plusieurs fois la même eau avant de la rejeter », souligne Romain Salza.

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