
Retour sur la 3e rentrée économique de la JCG Factory (président : Jean-Claude Gallo), le 14 février au Domaine de Verchant. Les Indiscrétions y étaient.
« À défaut d’être optimiste, je vais être factuel. » Pour Pascal Tachon, directeur départemental de la Banque de France dans l’Hérault, l’année 2024 se caractérise, de manière globale, par une bonne résistance de l’économie. « Je retiens quatre points : sur l’inflation, nous sommes revenus vers les 2 %. Les taux d’intérêt ont baissé cinq fois consécutivement. Nous sommes à 2,75 %, c’est plus favorable. Bonne tenue de l’emploi au national : 7,3 % de chômage, contre 10 % au moment de la crise des subprimes. Enfin, il y a une croissance modeste. C’est une croissance quand même. + 1,1 % du PIB : pas de récession comme certains l’annonçaient. »
« L’échec reste un tabou », selon André Deljarry. « Le nombre de procédures collectives est en hausse à Montpellier, principalement parce qu’il n’y a pas d’anticipation des dirigeants », rappelle Nadine Baptiste, présidente du tribunal de commerce de Montpellier. Elle a tenu le même discours lors de l’audience solennelle de rentrée du TC de Montpellier. « Il n’y a pas un chef d’entreprise qui ne s’est jamais cassé la gueule, face à moi, ce matin. L’échec en France reste un tabou, mais il fait partie du chemin de l’entrepreneur, déclare André Deljarry, président de la CCI Hérault. On a mis en place le Centre d’information et de prévention (CIP) qui doit aider face à ces problématiques ». « Un entrepreneur seul face aux problèmes, ce n’est pas bon, c’est comme un malade qui pratique l’automédication, explique Eric Gillis, président du conseil régional de l’ordre des experts-comptables d’Occitanie. Impliquez-vous dans un syndicat, entourez-vous. Les CIP devraient devenir les portes d’entrées des entrepreneurs, et devenir des lieux d’adressages vers d’autres dispositifs ».
Ville de demain : entre mobilités et lutte contre le réchauffement climatique. « Il est important d’adapter la ville de Montpellier au réchauffement climatique tout en renforçant le pouvoir d’achat. Les enjeux environnementaux ne peuvent pas être combattus sans la population », estime Julie Frêche, vice-présidente déléguée aux transports à la Métropole de Montpellier. « Selon l’Insee, en France, 7 salariés sur 10 prennent la voiture pour aller travailler. Le Contournement Ouest Montpellier (COM) répond à un oubli historique. Les transits pendulaires passeront par là, et désengorgeront la ville », explique Salvador Nuñez, directeur opérationnel chez Vinci Autoroutes, qui porte le projet de COM pour le compte de l’État. Du côté des entreprises, l’innovation s’accélère. « Notre flotte tourne au B100 (carburant végétal), et nous réalisons des enrobés sans bitume », expose Olivier Giorgiucci, président de la FRTP Occitanie Méditerranée.
« La ville de demain ne peut plus être pensée en silo », pense Élodie Nourrigat, architecte chez NBJ Architectes. De son côté, Yann Fortunato (président de Racines de France, Castries – 34) met en avant le rôle crucial des ressources naturelles : « L’arbre n’est pas la solution à tout, mais sans lui, les autres solutions ne sont rien. »