Banques Populaires du Sud et Occitane : chiffres-clés et analyses

17 mars 2025
Christophe Bosson et Catherine Mallet 3 4 - Les indiscretions
Catherine Mallet et Christophe Bosson ©DR

En Occitanie Ouest, la Banque Populaire Occitane (DG : Christophe Bosson ; président : Catherine Mallet, 1.972 collaborateurs) affiche 613.334 clients et 199.160 sociétaires, avec un exercice stable (+ 0.09 % pour les crédits et de + 0.27 % pour les dépôts), lors du bilan annuel communiqué le 14 mars. Au 31 décembre 2024, ses parts de marché sont de 16,17 % pour les crédits et 13,52 % pour les dépôts. Le volume de crédits immobiliers s’élève à 0,9 milliard d’euros : 5.589 acquisitions en résidences principales ont été financées, au lieu de 9.000 en 2023. Au total, 40.000 projets ont été financés (crédits immobiliers, crédits équipements et crédits à la consommation), là aussi stable par rapport à 2023 (+ 0,7 %). Le produit net bancaire s’élève à 370 M€ (+ 5,2 %) et le coût du risque explose à 36,2 M€ (+ 62,2 %). « 90 % des bénéfices sont réinvestis dans les fonds propres, ce qui garantit notre solidité financière dans la durée, tout en développant nos capacités à financer les projets de notre territoire », souligne Catherine Mallet. L’assemblée générale est programmée le 22 avril à Tarbes (65). 400 sociétaires y sont attendus. La Banque Populaire Occitane est implantée dans huit départements : Aveyron, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne.
L’analyse 2025 de Christophe Bosson : « La baisse progressive des taux directeurs de la BCE devrait faciliter l’accès au financement pour les entreprises comme pour les ménages et ainsi générer une reprise du crédit. Toutefois, des défis subsistent. Les incertitudes géopolitiques, la fragilité de certaines filières économiques et la vigilance nécessaire face au risque de défaillance des entreprises exigent une gestion avisée et agile. »

Banque pop du sud - Les indiscretions
Cyril Brun ©DR

En Occitanie Est, Cyril Brun, directeur général de la Banque Populaire du Sud (BPS, présidente : Karine Puget, 227.000 sociétaires), revendique, le 4 mars, sa banque comme « la première banque des entreprises, avec 6 entreprises sur 10 déclarant que nous sommes leur banque principale. Nous sommes implantés à Nîmes, Montpellier et Perpignan, et sommes un observateur de premier rang de la vie économique des entreprises ». Au rang des défaillances d’entreprises, 3.119 sont enregistrées au 31/12/2024 (2.494 au 31/12/2019, avant le Covid). Entre ces deux périodes assez comparables, les défaillances progressent de 37 % dans l’Hérault, de 39 % dans les Pyrénées-Orientales. Le Gard résiste bien mieux (- 1 %). « Il y a une accélération très forte des défaillances. Nous avons monté Sud Service Accompagnement (8 personnes), pour réaménager les prêts, négocier l’endettement, envisager le rebond, avant de devoir aller vers le dépôt de bilan et la liquidation. C’est une décision prise il y a deux ans déjà, en avance de phase. On ne peut pas être une banque de l’entreprise, si on n’est pas aussi là dans les mauvais moments », déclare Cyril Brun.

Il indique la création d’une banque d’affaires, au printemps. « L’idée est d’offrir un hub de solutions pour les ETI et futures ETI du territoire, en leur proposant un collectif d’experts sur trois pôles : grandes entreprises et ingénierie patrimoniale ; Financements spécialisés et activités haut de bilan ; Professions de l’immobilier et equity immobilier. »

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Baisse globale de projets financés. 34.000 projets (prêt étudiant, prêt entreprise, prêt à l’habitat, prêt voiture…) ont été financés en 2024, pour 2,1 Md€, soit une baisse de 7,8 % par rapport à 2023. « C’est une baisse, mais relative par rapport au contexte. Et les tendances sont diversifiées : – 28 % pour les prêts immobiliers (5.049 crédits, pour 658 M€), + 6,5 % pour les crédits professionnels et entreprises (9.330 crédits, pour 1,2 Md€) », compare l’expert.

Immobilier : des signes de reprise. Plusieurs signaux objectifs de reprise se manifestent sur l’immobilier, depuis juillet 2024 : « Le volume hebdomadaire accordé est supérieur par rapport aux mêmes semaines en 2023 ; Au fil de 2024, il y a eu une montée en puissance des crédits à l’habitat, et la semaine la plus forte en volume accordé a été en décembre 2024, alors qu’elle se situe d’habitude en juin-juillet, lors des mutations ; Par ailleurs, le volume accordé sur les deux premiers mois de 2025 augmente de + 75 % par rapport à la même période en 2024 ; Enfin, l’exclusivité du produit Banque Populaire permet de doubler son PTZ », égrène Cyril Brun.

Couvrant une partie de l’Occitanie exposée au stress hydrique, la BPS souhaite « accompagner en local les enjeux liés à l’eau et à son utilisation durable ». Quatre leviers pour ce faire : financeur (Crédit Maritime Méditerranée), investisseur (Sud Mer Invest, fonds de 7 M€, pour entrer au capital d’entreprises qui investissent dans l’eau), promoteur (Casden et Project Rescue Ocean) et catalyseur (MedVallée Montpellier).

Transition énergétique : explosion depuis 2022. La partie transition énergétique voit son activité décoller : 25,3 M€ de prêts en 2022, 110,3 M€ en 2023, 156 M€ en 2024.

150 prêts « Zéro désert médical ». Ce prêt à 0 %, destiné à accompagner les professionnels de santé et né en avril 2024 avec un projet financé à Saint-Paul-de-Fenouillet (66), « permet à un village, ou un quartier, de voir l’installation d’un professionnel de santé. Les déserts médicaux ne touchent pas que le monde rural, mais aussi des zones urbaines », insiste Cyril Brun.

IA : 20 % de temps commercial gagné. L’IA est qualifiée de « défi majeur. Elle nous amène à former davantage nos conseillers. Nous investissons 7 fois plus que le minimum légal en matière de formation. Tout en sachant que les attentes des clients sont hybrides : 8 sur 10 téléchargent et utilisent nos applications, mais 8 sur 10 veulent un modèle bancaire physique et digital à la fois ». Un outil d’IA générative sécurisée a été mis en place à l’échelle du groupe le 30 janvier. La Banque Populaire propose à ses clients l’IA comme assistant facilitateur dans son application mobile. « D’ici à 2027, l’objectif est de gagner 20 % de temps commercial pour les conseillers, grâce à l’IA. Cette productivité commerciale gagnée doit permettre de renforcer la personnalisation des prises en charge des clients. »

> Les chiffres de la BPS à lire en cliquant ici

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