Caisse d’Épargne Languedoc-Roussillon
Transitions dans les entreprises : « Un outil de performance économique », insiste Olivia Egger (CELR)
Malgré la conjoncture économique dégradée, les PME s’engagent sur la voie des transitions. Parce que les mutations – climatiques, sociétales, digitales… – s’accélèrent. Parce que ces transitions permettent de gagner en performance économique maintenant et sur le long terme. « L’acte déclencheur, c’est un effet bénéfique sur le chiffre d’affaires et la rentabilité », relève Olivia Egger, fine observatrice du tissu économique régional, en tant que directrice du Développement BDR (banque de développement régional) à la Caisse d’Épargne Languedoc-Roussillon (CELR). Parce que, aussi, la réglementation pousse à la transition – loi LOM, décret tertiaire, cybersécurité, épargne salariale. Autre levier puissant : « L’intégration des transitions dans les entreprises devient un critère pour les projets que nous finançons. La réglementation bancaire intègrera une note extra-financière », insiste Olivia Egger.

Malgré la conjoncture dégradée, les entreprises s’engagent dans la transition, notamment environnementale. « Il y a encore deux ou trois ans, la transition a parfois pu être un outil de communication dans certaines entreprises. Aujourd’hui, nous sentons un vrai questionnement chez les dirigeants. Ils se positionnent sur des transitions concrètes, pensent la décarbonation de leur outil de production, redéfinissent leur gouvernance pour y inclure les salariés. C’est plus concret, plus mesurable qu’avant », observe Olivia Egger. Les dirigeants sont « plus renseignés, plus sensibilisés qu’il y a deux ans », ajoute-t-elle.
Le contexte régional, en première ligne face aux effets du réchauffement climatique, y est pour beaucoup. Plus personne ne peut le contester, au terme d’un été marqué par une sécheresse et une canicule exceptionnelles : la région est directement impactée, notamment sur les enjeux de ressource et de gestion de l’eau, ce qui accélère les mutations.
Par ailleurs, la réglementation guide les choix stratégiques des dirigeants ; loi LOM (loi d’orientation des mobilités), décret tertiaire, réglementations européennes relatives à la donnée et à la cybersécurité : ces textes orientent aussi l’entrée en matière des dirigeants.
Exemple : les sièges sociaux de plus de 1.000 m² doivent réduire leur consommation énergétique de 40 % d’ici 2030 ; les parkings de plus de 500 m² doivent se végétaliser ou s’équiper de panneaux photovoltaïques…
Soirée Cybersécurité et sécurisation de la donnée, le 6 octobre au Château de la Mogère (Montpellier)
La CELR organise un rendez-vous d’informations et d’échanges sur la sécurisation de la donnée et la cybersécurité, le 6 octobre, à 19h, au Château de la Mogère (Montpellier).
Le rôle accru des conseillers CELR pour faire émerger les projets des dirigeants « Depuis deux ans, nos équipes sont formées et sensibilisées en continu sur ces sujets, dans une optique de montée en compétences sur l’extra-financier », explique Olivia Egger. Leur rôle : ouvrir un dialogue ESG (Environnemental, Social et Gouvernance) approfondi avec toutes les entreprises clientes, pour faire émerger les projets que chaque dirigeant souhaite mettre en place.
Une fois le cap fixé, une solution de financement est mise en place, via par exemple BPCE Lease (financement en location longue durée, par exemple pour équiper bornes de recharge électrique, véhicules verts ou panneaux photovoltaïques), ou en connectant les entreprises à des partenaires spécialisés : « BPCE Finances&Territoires pour décrocher des subventions, des courtiers en énergie pour réduire les factures d’énergie, des experts en efficacité énergétique, des consultants RSE… »
Au total, sept partenaires épaulent les conseillers professionnels CELR sur ces sujets. Dans le secteur de la grande distribution par exemple, la CELR accompagne des projets de rénovation des bâtiments existants pour réduire les coûts (isolation, matériaux), l’installation de panneaux photovoltaïques sur les parkings, ou l’électrification des flottes automobiles.
La CELR a accordé près de 170 millions d’euros de financements liés à la transition environnementale en 2025, à destination des particuliers comme des entreprises. Fidèle à son modèle coopératif, elle soutient également des projets locaux à impact positif : 11 initiatives en faveur de la biodiversité ont ainsi été accompagnées en 2025, pour une enveloppe globale de 54.000 euros.
2ème édition des Trophées à Impact. Elle a également mis en place les « Trophées à Impact », un appel à projet pour identifier, valoriser et accompagner les acteurs du territoire qui portent des initiatives à fort impact environnemental ou social. En 2026, six lauréats seront récompensés par une dotation financière, un accompagnement expert et une forte visibilité médiatique.
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L’IA, nouveau terrain pour le pôle NéoBusiness. Au sein du pôle Néo Business de la CELR, dédié aux entreprises innovantes, l’IA irrigue de nombreux projets portés par des startups, dans la tech comme dans la medtech. Ces entreprises peuvent bénéficier, via leur chargé d’affaires dédié, d’un accompagnement et d’un financement adaptés.
Ouverture du capital aux managers, politiques d’épargne salariale, accords d’intéressement… Ces sujets sociaux restent « plus à la marge », mais montent en puissance, notamment dans les PME, avec l’accélération apportée par la loi partage de la valeur. Pour entamer cette transition, les experts de Natixis Interépargne réalisent des diagnostics et des propositions aux clients, « du grand compte à l’association ».
Globalement, la démarche vers les transitions « est une question essentielle pour les entreprises. Le fait de réduire la dépendance aux énergies fossiles a un impact sur la réduction des coûts, à court ou moyen terme. Sur le volet social, l’enjeu est surtout d’attirer les jeunes talents, de plus en plus attentifs à la marque employeur et de les fidéliser », analyse Olivia Egger. Sur les marchés publics, les critères ESG reviennent désormais de façon systématique dans les appels d’offres.
Tous les secteurs sont concernés, selon l’experte. L’immobilier et le BTP avancent sur l’utilisation de matériaux bas carbone et les constructions durables. Le transport et la distribution automobile électrifient leurs gammes et réorganisent leurs parcs, pour rester compétitifs face à la hausse du prix des carburants. L’industrie, elle, travaille sa décarbonation. « Il y a des coûts au départ, certes, mais des économies substantielles dégagées à moyen terme », souligne Olivia Egger.
La CELR s’applique les mêmes exigences en interne. Depuis 2019, la banque coopérative régionale a investi plus de 50 M€ dans la rénovation de ses agences et de ses bâtiments administratifs, réduisant de moitié ses consommations énergétiques, et installé plus de 1.000 m² de panneaux photovoltaïques sur son parc immobilier. Sur le volet social, la banque affiche un taux de collaborateurs en situation de handicap proche de 8 %, au-dessus du taux légal minimum de 6 %.
Une direction dédiée, créée en 2025. Ce double engagement, auprès de ses clients comme sur ses propres activités, est désormais piloté par une direction dédiée : la Direction de l’Impact et de la RSE, créée en 2025 au sein de la CELR, chargée de coordonner la stratégie d’ensemble et le suivi du plan d’actions associé. Une communauté d’ambassadeurs RSE a par ailleurs été constituée pour relayer l’information auprès des différents métiers de la banque.