Logement social : Habitat Audois accélère son « bouclier énergie » pour préserver le pouvoir d’achat des locataires
Face aux effets du dérèglement climatique, Habitat Audois accélère la réhabilitation énergétique de ses résidences. À Port-La Nouvelle, Carcassonne ou Bram, le bailleur social engage plusieurs chantiers de rénovation énergétique. Objectifs : améliorer le confort et le pouvoir d’achat des locataires, réduire les consommations d’énergie et diminuer l’empreinte carbone – en n’ayant pas recours à des démolitions. Sans oublier le soutien au BTP audois : avec, chaque année, 50 M€ injectés dans la construction et 15 M€ dans la réhabilitation, Habitat Audois « est un amortisseur économique pour les entreprises du secteur », souligne Denis Janaud, directeur général.

Le 17 février, à Port-La Nouvelle, Habitat Audois ouvre les grilles du chantier en cours de requalification énergétique de la résidence Paul Carrière, construite en 1963, située dans le quartier de la gare SNCF. Un ensemble de 86 logements, sur une surface habitable de 9.015 m², qui va monter en gamme. À l’issue des travaux, les logements verront en effet leur DPE (diagnostic de performance énergétique) passer de la classification D à C. « L’énergie la moins coûteuse, c’est celle que l’on ne consomme pas. Nous créons un ‘bouclier énergie’, pour préserver le pouvoir d’achat des locataires », déclare Denis Janaud, directeur général. Pour y parvenir, Habitat Audois met l’accent sur une isolation thermique par l’extérieur (ITE), entraînant, chaque année, une réduction de la consommation énergétique de 35 % et une diminution des émissions de 114 tonnes de CO2. La résidence « a connu plusieurs vies, et plusieurs rénovations sommaires depuis sa sortie de terre, il y a plus de 60 ans », dépeint Henri Martin, actuel maire de Port-La Nouvelle. « Aujourd’hui, nous entreprenons une rénovation en profondeur, à plusieurs niveaux, détaille aux Indiscrétions Marie-Christine Bourrel, présidente d’Habitat Audois. La rénovation énergétique évite de passer par la case démolition. Le confort des locataires est pris en compte : création de coursives et de terrasses individuelles supplémentaires, et installation d’un ascenseur dans le bâtiment Ronsard (R+4), pour rendre le bâtiment entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite ». Les salles de bains ont également été adaptées.
Création d’une résidence senior
Marie-Christine Bourrel d’ajouter : « Nous investissons 3,3 M€ dans la réhabilitation de cette résidence. Certains locataires ont passé leur vie ici. Une locataire nous disait tout à l’heure qu’elle réside ici depuis 43 ans ! » « Ce chantier a été rendu possible par un investissement d’Habitat Audois, mais aussi grâce au soutien du Département de l’Aude. La collectivité garantit notamment l’ensemble de nos emprunts, sur de la construction et de la réhabilitation », précise-t-elle.
La performance environnementale et énergétique, une démarche historique d’Habitat Audois
La préoccupation environnementale et énergétique d’Habitat Audois est historique, et rythmée par une démarche d’innovation continue : « Une première opération bioclimatique dès 1985, première opération labellisée Effinergie en ex-Languedoc-Roussillon à Gruissan en 2011, première opération Bepos (bâtiment à énergie positive) à Castelnaudary en 2013 », renchérit Denis Janaud. Tout le parc collectif ayant déjà été réhabilité, le bailleur en est désormais aux 2e requalifications énergétiques : « On change la première ITE par une nouvelle, plus performante. » À ce jour, 75 % du patrimoine affiche un DPE énergétique en A, B ou C. « Et si on rajoute les classements en D, ce qui est une bonne performance, c’est 95 % du parc. C’est largement supérieur à la moyenne du parc privé. » Face aux instabilités géopolitiques croissantes, Habitat Audois a sécurisé, via la Sac Hasso, ses achats de gaz en 2026 et pour une partie de 2027. « Aujourd’hui, ce type d’achat s’opère comme à la Bourse. Il faut acheter au bon moment, et saisir les fenêtres d’opportunité. On est loin de l’ancien marché réglementé ! »

À Port-la-Nouvelle, 4 logements laisseront enfin la place à un projet de résidence senior comptant 30 places. Habitat Audois estime l’investissement à 4 M€ pour ce futur bâtiment, en R+3. « Les 4 locataires seront, bien sûr, relogés. Les travaux commenceront en 2027, pour une livraison entre 2029 et 2030 », projette Olivier Pourtau, directeur de la maîtrise d’ouvrage du bailleur audois. Habitat Audois se démarque en matière de rénovation énergétique. « Au-delà de la cotation financière, la Banque de France réalise désormais des enquêtes sur la qualité environnementale du parc des bailleurs sociaux. Nous faisons partie des bons élèves en matière », souligne Denis Janaud.

Opérations à Carcassonne et Bram
À Carcassonne, Habitat Audois réhabilite la résidence La Pierre Blanche, située au nord de la ville et construite en 1958. Au total, 100 logements sont rénovés, pour une surface habitable de 8.710 m². Les notes des DPE passeront de D à C à l’issue des travaux. Dans ce chantier, Habitat Audois créé là aussi de nouvelles coursives et installe des ascenseurs à chaque entrée, pour un accès plus sûr et aisé, notamment pour les résidents seniors. De plus, le chauffage rénové est assuré par une chaufferie collective à condensation de dernière génération. Cet investissement de 5,3 M€ doit permettre une réduction de la consommation d’énergie de 25 % et une baisse de l’intensité carbone de 20 %, soit environ 160 tonnes de CO2 par an. À Bram, le bailleur audois a réhabilité la résidence Le Petit Prince, construite en 1979. Cette petite résidence de 8 logements va passer. Le DPE va passer de C à A, pour un investissement de 458 k€. Les travaux ont porté là aussi sur une ITE, avec aussi l’installation d’un système photovoltaïque en autoconsommation, et le remplacement de menuiseries. De quoi permettre une baisse de consommation d’énergie de 27,8 %, soit 30.000 kWh économisés chaque année. La production photovoltaïque contribue à hauteur de 3.000 kWh/an, évitant environ 0,171 tonne de CO2 par an, soit près de 10 % de la réduction totale des émissions.
Le confort d’été autant pris en compte que le confort d’hiver
La démarche de décarbonation déployée en 2026 par Habitat Audois permet un gain énergétique total compris entre 20 et 30 % sur les travaux programmés, pour une réduction de 396 tonnes de CO2 par an. Le confort d’hiver est amélioré, avec une température moyenne des murs intérieurs qui augmente de 2 à 6 °C, réduisant la sensation de paroi froide et les besoins de chauffage. La stratégie agit aussi sur le confort d’été, en abaissant les températures maximales des surfaces : l’amplitude des surchauffes diurnes est ainsi diminuée de 1 à 4 °C.