Pourquoi le budget 2026 fait fausse route
Le budget 2026, arraché par le Premier ministre Lecornu au prix d’un 49.3 assorti d’un accord de non-censure à l’Assemblée nationale avec le PS, passe mal auprès de Matthieu Ourliac, président du Medef Béziers. Selon lui, l’enjeu crucial, la réduction des dépenses publique et sociale, est éludé.
> Le Medef Béziers présente ses vœux de vendredi 30 janvier (La Cave à Manger, Béziers, 12h-14h), inscriptions en cliquant ici.

La France s’est progressivement enfermée dans une situation d’endettement et de déficits publics chroniques devenue extrêmement complexe à résoudre. Le budget 2026 va empirer les choses, en adoptant la pire des solutions : toujours plus de dépenses côté État, toujours plus de prélèvements côté entreprises.
La liste est longue : relèvement du taux de prélèvement forfaitaire unique, surtaxe sur les profits des grands groupes, abandon de la baisse de la cotation sur la valeur ajoutée des entreprises, projet de taxation des holdings…
Se voiler la face n’est plus une option : nous ne sortirons pas de cette impasse sans une remise en question sérieuse de notre niveau de dépense publique, et en particulier de la dépense sociale. La France est droguée à l’État-providence. Et l’addition et cette addiction devient insoutenable.
Notre modèle social repose très largement sur le travail : retraites et sécurité sociale sont financées essentiellement par les cotisations sur les salaires. Donc, par les salariés et les chefs d’entreprise.
Lorsque l’économie stagne et que les charges augmentent, ce sont directement le pouvoir d’achat et la motivation des travailleurs qui sont impactés.
Peut-on durablement demander à ceux qui travaillent de financer toujours davantage, sans jamais se poser la question de l’efficacité et de la soutenabilité du système ?
Peut-on ignorer que, symboliquement, une large partie de la journée de travail sert aujourd’hui à financer des dépenses sociales toujours croissantes ?
Dans ce contexte, certaines décisions deviennent difficilement défendables.
Rendre les transports en commun gratuits en créant de nouvelles taxes sur les salaires qui les financent n’est pas une réponse. Le versement mobilité régional, tel que mis en place par Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, n’est plus en phase avec la réalité économique actuelle.
Vœux 2026 du Medef Hérault Béziers, ce 30 janvier à La Cave à Manger, 24 avenue Jean Foucault, Béziers, 12h-14h. Inscriptions en cliquant ici
Trop d’impôts tue l’impôt
Faute de vouloir réduire la dépense, notre pays a fait le choix systématique de créer de nouvelles taxes. Or, la France est déjà le pays le plus fiscalisé de l’OCDE. En 2024, les prélèvements obligatoires ont représenté 42,8 % et les dépenses publiques 57,3 % du produit intérieur brut. Cette réalité est documentée, connue, incontestable.
« Taxer les riches », ritournelle à venir de la campagne présidentielle 2027 ? Nous nous battrons contre ce mirage. Faire fuir les investisseurs, les entrepreneurs et les créateurs de richesse ne réglera en rien les problèmes des Français. Cela ne sert, au final, que des stratégies politiques de court terme.
Notre pays dispose déjà d’un arsenal juridique et fiscal robuste pour lutter contre la fraude fiscale. Il suffit de l’appliquer avec rigueur aux véritables tricheurs.
Les holdings ne sont pas des paradis fiscaux
Je souhaite également rétablir une vérité trop souvent maltraitée dans le débat public. Non, les holdings ne sont pas des paradis fiscaux ! Contrairement à certaines lectures médiatiques simplistes, il ne s’agit pas d’optimisation fiscale mais, dans la majorité des cas, d’un mécanisme de report d’imposition permettant le réinvestissement dans l’économie réelle, l’innovation et l’emploi.
Je tiens ici à saluer nos capitaines d’industrie français et biterrois.
Nos adhérents investissent localement, créent de l’emploi, participent activement à l’attractivité et à la beauté de notre territoire. Ils sont un pilier économique et social essentiel.
Merci à eux. Continuez à faire rayonner Béziers et l’Occitanie !
Décroissance : une impasse économique et sociale
Sous couvert de préservation de l’environnement et de la biodiversité – des sujets qu’il n’est pas question de remettre en cause -, la décroissance est aujourd’hui relayée par certains médias et responsables politiques. Il est temps d’en souligner l’incohérence fondamentale. Rappelons que c’est à partir d’environ 1,5 % de croissance, en prenant en compte la baisse tendancielle de productivité du travail, que l’on crée des emplois et pouvons dégager des marges de manœuvre budgétaire.
Car comment financer un modèle social, sans croissance ? Comment maintenir l’emploi, l’innovation et la souveraineté économique en prônant le ralentissement volontaire ?
Combien de projets d’infrastructures bloqués au nom d’idéologies déconnectées du réel ?
Combien de parkings retardés, de routes abandonnées, de projets industriels stoppés ?
Et surtout, combien d’emplois perdus et de compétitivité sacrifiée ?
Pendant que d’autres nations investissent massivement dans l’industrie, l’énergie, l’eau ou les technologies de rupture, la France se fragilise. Le déclassement est réel. C’est la conséquence d’être devenu peu à peu, en Occident, une société de juristes, de normes et de règlements, là où d’autres, en Asie, ont fait le choix de l’ingénierie et de l’innovation.
La transition écologique ne se fera pas contre le progrès, mais grâce à lui.
J’en apprends plus ici
Notre territoire a besoin d’infrastructures :
routes, parkings, transports collectifs urbains propres, TGV, aéroports, ports, foncier industriel.
C’est à ce prix que nous ferons émerger les champions de demain, notamment dans la décarbonation et l’innovation industrielle, comme le sont déjà Genvia ou Qair dans l’hydrogène décarboné.
La croissance et le progrès sont des solutions, pas des ennemis. Penser le contraire est une illusion dangereuse.
Réveillons-nous, à Béziers, en Occitanie, en France ! Nous ne sommes pas une île. Le monde avance… avec ou sans nous.
Nous, chefs d’entreprise, demandons à nos responsables politiques nationaux et régionaux d’être lucides face à la dérive des déficits, capables de maîtriser la dépense publique et d’investir dans l’avenir, plutôt que d’alourdir sans cesse la charge qui pèse sur le travail.
Il en va de notre compétitivité, de notre cohésion sociale et de l’avenir des générations futures.