Lucie Doriez, K-Ren

19 octobre 2026
Lucie Doriez K Ren - Les indiscretions

Des housses écologiques pour protéger les bateaux et les structures immergées, made in Occitanie

Des housses écologiques sur mesure, se glissant sous la coque et empêchant la photosynthèse, pour protéger les bateaux : K-Ren (Mauguio – 34) porte une innovation de rupture dans le nautisme, à dimension environnementale. Échange avec la fondatrice, Lucie Doriez, qui a lâché son ancien job en 2020 (technicienne de laboratoire à la clinique Saint-Roch, Montpellier) pour tenter l’aventure entrepreneuriale, avec son père. Avec succès : K-Ren a équipé plus de 500 bateaux, réalise un CA de 350 k€ en 2025 (le double prévu cette année) et emploie 13 salariés. « Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.

Lucile, peux-tu décrire l’innovation de K-Ren ?

La coque est protégée par des tissus techniques, de façon efficace, sans biocide. Cela permet de limiter les opérations de carénage et le recours aux peintures polluantes de protection (anti fouling), qui doivent se tenir chaque année et portent atteinte à la biodiversité marine. J’ai accéléré l’invention de mon père, remontant à 2004, à travers K-Ren, lancé en 2020, avec lui. Il n’avait jamais commercialisé son invention. Il était spécialisé dans les grandes réalisations textiles, il a par exemple signé le Zénith Sud de Montpellier. Je l’ai sorti de son potager (sourire), et on a créé K-Ren ensemble ! Les ventes aux particuliers se sont vite enchaînées.

Quelle est ton actualité en 2026 ?

Après une première levée de fonds de 500 k€ en 2023, ayant permis de créer l’atelier à Mauguio, K-Ren a levé 1,2 M€ en mars. Cette fois, auprès du fonds Sud Invest, Frédéric Mazzella (Blablacar), Alexis Mulliez (Association Famille Mulliez), Jean-Paul Costes (ex-sous marinier dans la Marine nationale française), Jean-Marc Le Doussal (investisseur suisse) et Sébastien Lacaze (Look Up Géoscience), pour accélérer et structurer la commercialisation, et développer le BtoB.
K-Ren mène plusieurs activités de R&D : station créée pour que le plaisancier ait juste à garer son bateau, l’installation et la désinstallation de la housse (opération qui était un frein à la vente) étant prise en charge ; développement de housse pour les catamarans ; travail sur les tissus, pour qu’ils soient légers, opaques, résistants (jusqu’à 10 ans dans l’eau), pas polluants, en partenariat avec Diatex (Saint-Genis-Laval, 69).
Le tissu est fabriqué chez eux. Je veille à ce que tout soit durable et recyclable.

Avec K-Ren, tu cibles tous types de bateaux, ou uniquement les plaisanciers ?

Ces derniers sont majoritaires, mais on a aussi équipé une frégate multi-missions de l’Armée, à Toulon. Et K-Ren cible, au-delà des bateaux, tout ce qui est dans l’eau. Le fouling (accrochage des algues, mollusques…) est une grosse problématique, car ça alourdit et ça détériore. Par exemple, les éoliennes en mer, exposées en Méditerranée au réchauffement accéléré de la mer (qui provoque le développement d’espèces, pas assez anticipé par les industriels du secteur, ndlr), ou encore pour les navires stockant le pétrole en mer.
Pour des compagnies pétrolières, c’est une très grosse contrainte. Quand la chaîne qui tient le bateau au-dessus du puits s’alourdit, le bateau est tiré vers le bas. Un centimètre de perdu de stockage de pétrole représente un million d’euros.
Autre développement dans les lacs en Suisse, avec les algues invasives qui remontent jusqu’à la surface et empêchent la navigation. Nous sommes en discussion pour installer de grandes bâches plates dans le fond du lac pour couper la lumière et inhiber les plantes invasives. 

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