Jugeant la situation budgétaire de l’État « extrêmement préoccupante », et faisant face à un gouvernement « fragilisé sur ses fondamentaux, qui ne semble plus piloter, où l’on ne plus qui est en charge de quoi, avec un vrai sujet de continuité dans le suivi des dossiers », Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier, se veut « churchillien », indique-t-il à la presse, le 9 octobre, dans un échange de plus de deux heures, dans son bureau à l’Hôtel de Ville.
S’il n’évoque pas la sueur et les larmes du Premier ministre britannique, il promet « une adaptation », à l’échelle territoriale. Et un esprit de « résistance », face à un « doute français très puissant », et des villes moyennes gagnées par le RN, citant Agde, Carcassonne, Vauvert et même Béziers – alors que Robert Ménard est en rupture de ban avec le parti de Jordan Bardella, même s’il a été en effet soutenu par ce dernier en 2014 et 2020, note.
Quitte à accentuer encore davantage une fracture déjà béante entre métropoles et territoires, il fustige les élus de ces villes, évoquant « les populismes portant atteinte aux valeurs de la démocratie et aux droits des syndicats ».
Corum : une réhabilitation à 40 M€. Les travaux d’étanchéité du Corum, démarrés cet été, sont évalués à 40 M€. « Nous sommes en milieu urbain, près de la voie ferrée. C’est un chantier très compliqué », glisse le soutien à Raphaël Glucksmann (Place Publique, vainqueur de la primaire de gauche hors LFI et EELV, ce 11 octobre) pour l’élection présidentielle. Globalement, la maintenance des équipements publics existants représente « un mur d’investissements, à la fois pour la sécurité des usagers et pour réduire le coût de l’énergie ».
Rénovation du Stade de la Mosson. Annoncée avant les élections municipales, la rénovation du Stade de la Mosson est à l’ordre du jour d’une rencontre avec Laurent Nicollin, président du MHSC (Ligue 2), ce 12 octobre. « Nous travaillons au phasage des travaux. Le stade est dans son jus depuis la dernière rénovation en 1998, avec de nombreuses fuites », admet le président de la Métropole, propriétaire de l’enceinte.
Baisse des dotations : « des projets seront reportés », nouvelles façons d’agir. Face à une contraction des dotations (projection de 27 M€ en moins pour le budget 2027 pour Montpellier Méditerranée Métropole), Michaël Delafosse, vice-président de France Urbaine délégué aux Finances, rappelle que « la dotation de 3M est la plus faible par habitant, parmi les métropoles françaises. Je vais adresser un courrier aux parlementaires, pour qu’un amendement au projet de loi de Finances vienne corriger ce mécanisme ».
Face à des perspectives budgétaires contraintes, des projets « vont glisser et des priorités revues, par exemple de 2029 vers 2031. Pourtant, les collectivités locales soutiennent l’emploi et la dynamique économique. En tapant sur les métropoles, le gouvernement tape sur ceux qui investissent, et freine la transition économique ». Seule vertu de ce décor : de nouvelles façons d’agir, comme « l’achat groupé d’énergie, le rapprochement entre Conservatoire et le Centre Dramatique National… Le temps où tout le monde défend son pré carré, c’est fini ».
Commande locale : marchés à venir rendus publics. Sur l’enjeu de la commande locale (thème de la ‘Loupehv’ du 18 novembre, en partenariat avec la FFB Hérault et VINCI Autoroutes, inscriptions en cliquant ici), Michaël Delafosse annonce une présence de la Ville et de la Métropole lors du prochain salon des maires de l’Hérault (rentrée 2027), pour afficher en transparence « les marchés à venir » aux entreprises locales, notamment celles du BTP, en grande souffrance. Avec, prévient-il, « des contreparties. Nous serons très exigeants, avec des procédures de dialogue compétitif. L’argent public doit être protégé ».
Logement et développement économique : j’en apprends plus ici
Ancien Hôtel de Ville : « Je vois m’en débarrasser le plus vite possible », a déclaré l’édile, évoquant un classement énergétique apocalyptique (classé Z), et une facture énergétique « de 400 k€ par an ».
Développement économique : priorité du mandat. Il réitère le fait que le développement économique et l’emploi sont « la priorité majeure du mandat. Je compte faire de plus en plus de vites d’entreprises ». S’ils ne sont pas disponibles dans l’immédiat, l’élu rappelle que 350 hectares sont fléchés pour le développement économique dans le cadre du PLUI-Climat. « C’est un argument pour convaincre les investisseurs », espère-t-il.
Logement : « des situations épouvantables pour certains administrés ». Le logement devient « une question essentielle. Beaucoup d’administrés vivent des situations épouvantables. Le pouvoir d’achat est érodé en partie à cause du logement ». Côté actions, il projette « 4.000 logements produits en BRS (bail réel solidaire) », notamment dans des zones de reconquête urbaine (ex-MBS, futur ex-clinique Clémentville, Mas de Campagne, Engie, îlot Chaptal), la création dans le mandat de 4 résidences sociales seniors (« il faut une étape intermédiaire entre le T4 occupé par un couple senior un senior en situation de veuvage, et l’Ehpad »), la « mobilisation d’Altémed et d’ACM Habitat pour produire du logement étudiant, où le Crous pourra nous trouver comme partenaire ». Il plaide aussi pour une « reconduction, à partir de novembre, de l’encadrement des loyers », mesure qui selon lui « défend le pouvoir d’achat pour les gens qui travaillent sur le territoire. Je ne céderai pas aux pressions m’enjoignant d’y mettre fin. Des augmentations de loyers, oui, mais dans le respect de l’indice de révision ».
Autre action, le lancement de la foncière In Médio, ce 9 octobre (lire ci-contre), pour aider les salariés à se loger.
S’il n’a pas la main sur le sujet, Delafosse souhaiterait « une mesure de défiscalisation pour les jeunes primo-accédants achetant un logement neuf ». Il fustige enfin le fait que le Pinel n’ait pas été remplacé par un autre dispositif. « La majorité a été pyromane de la politique du logement en France », tacle-t-il.