
« Activer tous les leviers pour donner envie de revenir en centre-ville »
Grand témoin de la Loupehv, ce 29 septembre, à l’Opéra Comédie de Montpellier, sur le thème « Immobilier(s) : état d’urgence », Christelle Assié, directrice régionale adjointe de la Banque des Territoires, a participé aux trois tables rondes, entourée d’acteurs de la filière et élus. Apportant ses réponses à la crise du logement, à la revitalisation des centres-villes et aux problèmes d’immobilier d’entreprise. « Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.
Face à la crise du logement, quels moyens mobilises-tu avec la Banque des Territoires ?
Dans la foulée du congrès national de l’USH à Bordeaux, nous avons annoncé 300 M€ pour renforcer les fonds propres des bailleurs sociaux. Nouveauté : les collectivités pourront emprunter sur 30 ans pour souscrire aux titres participatifs des OPH ou des SEM dont elles sont actionnaires. Nous mobilisons aussi 10 Md€ pour le logement intermédiaire : 8 Md€ par la Caisse des Dépôts et ses partenaires, 2 Md€ par les banques commerciales. Mais il faut arrêter d’attendre des subventions : les solutions sont sur les territoires. À Montpellier, nous sommes associés à une foncière qui proposera des loyers bien inférieurs au marché aux salariés des entreprises qui s’implantent, aux saisonniers ou aux apprentis. La Caisse des Dépôts va dupliquer ce montage ailleurs.
Après Alès, de nouvelles foncières de revitalisation sont-elles prévues ?
Oui. Nous venons de décider, en comité d’engagement, d’entrer dans une foncière qui sera créée à Narbonne, là encore avec la Caisse d’Épargne. À Alès, nous apportons 2,5 M€ de fonds propres, entre l’augmentation de capital de la SAEM et la foncière. Plusieurs conditions y étaient réunies : un territoire dynamique, un périmètre assez large pour équilibrer des actifs coûteux en hypercentre avec d’autres plus simples, et des élus très engagés. Car une foncière ne se crée pas d’un coup de stylo. Il faut activer tous les leviers, commerce, logement, équipements publics, sécurité, pour donner envie de revenir en centre-ville.
Comment accompagnes-tu l’immobilier d’entreprise ?
Nous investissons des fonds propres dans les murs, pour que les entreprises gardent leur argent pour leur cœur de métier. Avec Inits (Mauguio – 34), nous avons financé des laboratoires de production de médicaments, un projet aligné avec la stratégie santé du territoire. Près de Toulouse, nous créons avec l’Arac Occitanie une structure pour agrandir les locaux de Delair, fabricant de drones en pleine croissance. Au Barcarès (66), un protocole a été signé cet été avec le Club Med et les collectivités. Une fois les études de coût finalisées, nous pourrons devenir co-investisseurs, sur un foncier déjà artificialisé, en restant très attentifs à l’usage de l’eau.