
La biotech Medincell (Jacou -34) et son partenaire Teva reçoivent le 9 octobre le feu vert de la FDA pour la mise sur le marché d’un traitement de la schizophrénie basé sur sa technologie d’injection à action prolongée. Weltruza (olanzapine) est la première et unique formulation de cette molécule en injection sous-cutanée à action prolongée. Elle s’administrera une fois par mois aux adultes atteints de schizophrénie. Teva prévoit de la lancer aux Etats-Unis dans les prochaines semaines. « C’est un événement historique pour Medincell, qui nous fait changer de braquet », se réjouit Christophe Douat, son directeur général.
C’est une réponse directe au principal écueil du traitement de la schizophrénie : l’observance. Weltruza vise d’ailleurs les patients les plus sévères, qui ont le plus besoin d’un injectable longue action. « Ce produit est considéré comme l’un des plus beaux produits potentiels contre la schizophrénie depuis vingt-cinq ans », assure le dirigeant.
Sur son exercice clos fin mars 2026, Medincell a réalisé 24 M€ de revenus. Les royalties en représentent 9,3 millions, le reste provenant des sommes versées par ses partenaires pour faire avancer les programmes. La société emploie 160 salariés.
Le verrou de sécurité levé : l’explication ici
L’olanzapine est la molécule la plus prescrite contre la schizophrénie aux Etats-Unis. Mais sa version injectable longue action se heurtait jusqu’ici à un problème technique majeur. Le seul produit existant, le Zyprexa Relprevv d’Eli Lilly, a pu parfois libérer par accident en une seule journée la dose prévue pour un mois, plongeant le patient dans un état de sédation ou de confusion. La FDA a donc imposé que chaque patient reste trois heures en observation chez le clinicien après l’injection. « Cette contrainte a tué le produit. Nous sommes les seuls à avoir résolu ce problème : un mois de dose déposé sous la peau, sans libération brutale », explique Christophe Douat. Les essais cliniques, positifs et publiés, ont totalisé plus de 3.600 injections sans incident. Weltruza ne demande « ni surveillance après l’injection, ni dose de charge, ni complément par voie orale en début de traitement », complète Medincell.
Le secret tient dans la technologie BEPO de Medincell. Il s’agit d’un petit dépôt injecté sous la peau, entièrement biorésorbable, qui diffuse le principe actif à un niveau thérapeutique pendant plusieurs jours, semaines ou mois.