De nouvelles bananes résistant aux maladies et aux effets du réchauffement climatique : Vitropic Genetics prépare une importante levée de fonds

12 octobre 2026
Vitropic
©Julien Godstein

La PME Vitropic (Saint-Mathieu-de-Tréviers, 34), spécialisée dans la production de vitroplants de plantes tropicales en culture in vitro et détenue majoritairement par le CIRAD (organisme de recherche et de coopération internationale), travaille à la création de nouvelles espèces de bananes, dans le cadre d’un programme de recherche en génétique du bananier mené par le CIRAD.
Objectif : créer des variétés résistantes aux maladies et aux fortes températures, nécessitant moins d’eau, et correspondant aux nouveaux goûts des consommateurs – plus sucrées et onctueuses, ne brunissant pas dans les salades de fruits…
« Il n’y a à ce jour qu’une seule variété de banane dessert commercialisée, la Cavendish. C’est une hérésie agronomique, car ce fruit, le plus consommé au monde, est exposé à de nombreuses maladies, dont actuellement deux fusarioses, sans solution curative, qui menacent sa production au niveau mondial », souligne Sloan Salètes, directeur général.
Une course de vitesse est engagée avec une douzaine d’autres compétiteurs sur la planète. Vitropic, qui fut une startup à sa création dans les années 80, va créer d’ici à la fin de l’année sa propre filiale innovante, Vitropic Genetics. Une levée de fonds de « plusieurs millions d’euros » est sur le point d’être annoncée, afin de recruter une dizaine de chercheurs, pour réduire le temps de R&D, compris « entre 5 et 8 ans ».
La PME agronomique, spin-off du CIRAD créée il y a 40 ans et devenue depuis une société commerciale, emploie 25 salariés pour un chiffre d’affaires d’1,9 M€ en 2025, en croissance de 10 %. 7 millions de vitroplants sont produits chaque année par Vitropic, en France et en Afrique (une filiale en Côte d’Ivoire). Les vitroplants, dont l’avantage est la qualité sanitaire élevée « permettant de réduire l’utilisation des pesticides dans les bananeraies », sont des plants de 2 à 3 centimètres, exportés par boîtes de cent et pouvant endurer jusqu’à 10 jours de transport.

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