
Électrification des usages : « Le recrutement et la formation deviennent de vrais sujet », dévoile le directeur général délégué d’Equans France
On les voit peu, mais ils sont partout. Filiale du groupe Bouygues spécialisée dans le secteur de l’énergie et des services accompagnant la transition énergétique, numérique et industrielle, Equans intervient sur de nombreux chantiers en Occitanie, avec 500 recrutements en 2026 (y compris les apprentis, environ 10 % des recrutements et transformés en CDD ou CDI pour les deux tiers), sur des postes de techniciens, monteurs, conducteurs de travaux, ingénieurs en bureaux d’études… Le point avec Dominique Néel, directeur général délégué d’Equans France. « Trois questions à… », la rubrique où le tutoiement est de rigueur.
Dominique, peux-tu transmettre quelques marchés phares d’Equans en Occitanie ?
Tout d’abord, un mot sur notre activité. Equans est encore trop associé au monde du bâtiment et du génie civil. Or, nous sommes une activité à part entière au sein du groupe Bouygues, étant même le plus gros employeur du groupe avec 90.000 collaborateurs.
Quelques exemples de notre activité, en Occitanie : dans le Gard, le lancement du réseau de recharges de bornes électriques (800 points d’ici 2027, avec une borne à moins de 20 km dans le tout le département). À Narbonne, le marché global de performance énergétique de la Ville, lancé en 2025 pour 9 ans : modernisation de plus de 9.000 points lumineux en Led, pilotage intelligent de l’éclairage, avec le déploiement d’un réseau numérique de télégestion, jusqu’à 87 % d’économies d’énergie réalisées à terme ; Rénovation énergétique de 27 bâtiments publics de l’agglomération du Pays de l’Or, avec à la clé une baisse de 20 % de consommation énergétique et de 60 % de consommation de gaz ; À Montpellier, avec le projet Terra (Cambacérès), des usages énergétiques optimisés dans un bâtiment tertiaire (niveau environnemental BBCA Excellent, équipements optimisés : photovoltaïque, réseaux de chaleur / froid, confort thermique, qualité de l’air…).
Comment développer un ancrage territorial, en tant que grand groupe national ?
Le fonctionnement est décentralisé, en proximité. Nous sommes par exemple à Puy-l’Évêque (Lot) depuis 80 ans, ou à Toulouse depuis 60 ans avec SCLE-SFE (systèmes de contrôle commande). Il faut de toutes les façons très bien connaître le terrain pour intervenir efficacement. Sinon, ça devient compliqué, pour les interventions de maintenance, de génie climatique en hôpital sur une usine…
Comment vois-tu l’enjeu de la transition énergétique en Occitanie, spécifiquement ?
La région est portée par la rénovation des réseaux électriques, pour le compte d’Enedis, de RTE et des syndicats locaux. Des investissements de l’Etat sont déployés sur ce plan. Autre spécificité : c’est un territoire aux nombreuses opportunités – studios de cinéma à Montpellier, chantier du métro à Toulouse… Les industries aéronautiques sont très dynamiques, avec des sujets d’intervention sur des chaînes d’assemblage et de maintenance. Dans ce contexte, Equans éprouve parfois des difficultés à recruter. Le recrutement et la formation deviennent de vrais sujets. Nos métiers sont porteurs, et évoluent très vite avec les nouvelles technologies – IA, couche cybersécurité. Notre capacité à faire peut être freiné par cet enjeu de recrutement.
Pour passer à l’action et convaincre, notre rôle est d’expliquer la fiabilité de l’électricité, avec un mix de production unique au monde. Nous savons que passer du gaz à l’électricité représente des investissements importants. Nous accompagnons les projets, à travers des études de conception et des retours d’expérience de ce qui a été réalisé ailleurs, pour aider les clients à faire les bons choix. Il y a de plus en plus de fluctuations sur les cours du pétrole et du gaz. Personne ne peut s’assurer du prix des énergies carbonées en France. L’électricité se transporte facilement, est souple en termes de consommation et de production, et reste en France très bon marché en termes de prix.