C’est un protocole d’intention entre les deux collectivités, émaillé de son lot d’éléments de langage – « Gouvernance apaisée et respectueuse », « La discussion est ouverte »… -, mais l’info est là : à terme, l’aéroport de Montpellier (AMM) devrait être desservi par la 3e ligne de tramway. Le lancement des études relatives à ce projet de desserte, « prioritairement depuis la station Ecopôle à Pérols (ligne 3) en direction de l’aéroport, via l’axe de la M172 et l’avenue Jacqueline Auriol », est signé ce 14 septembre.

Pourquoi deux collectivités signataires ? Parce que Montpellier Méditerranée Métropole (président : Michaël Delafosse) est autorité organisatrice pour le tramway, exploité sur son périmètre, et que l’aéroport Montpellier Méditerranée est, lui, situé à Mauguio, sur le territoire de Pays de l’Or Agglomération (président : Stéphan Rossignol). Les premières études font état d’un linéaire d’environ 2 km de voies nouvelles, pour un investissement d’environ 70 M€. Selon M.Delafosse, le futur dépôt de tramway, à Pérols, doit permettre d’augmenter les fréquences de tramway. « C’est une opportunité nouvelle de ‘tirer du rail’ », glisse-t-il.
Connecter la gare Saint-Roch. Le projet, que Stéphan Rossignol espère voir aboutir « dans le mandat » (avant 2033), sous réserve de l’obtention des autorisations (« Les procédures sont de plus en plus complexes », souligne M.Delafosse), ciblera bien sûr les quelque 1,8 millions de passagers annuels de la plateforme aéroportuaire. Mais aussi ses milliers d’emplois : « 20 entreprises sont en cours d’implantation sur la zone Aéropole Logistique et Fret, pour accueillir au total 5.000 emplois d’ici à 2031 », souligne Emmanuel Brehmer, président d’AMM. L’idée est de connecter la gare Saint-Roch, « qui verra circuler en 2034 des TER chaque 15 mn ».
L’esprit du Serm. Michaël Delafosse a égrené plusieurs exemples de coopération entre les deux EPCI, naguère rivales : « Gouvernance du littoral et du trait de côte pour se protéger face au risque de submersion marine, participation commune dans l’Agence des Transitions, travaux pour connecter le réseau cyclable du Pays de l’Or à la gare Sud de France… Par ailleurs, la carte du futur Serm (service express régional métropolitain) englobe 8 intercommunalités, réunies pour régler les problèmes de mobilité. »
Trop d’aéroports en Occitanie Est. Le maire de Montpellier a réaffirmé son souhait d’une rationalisation de la carte régionale des aéroports en Occitanie Est, comme le relayaient déjà Les Indiscrétions le 31 août. « Quand deux avions sont remplis à moitié sur deux aéroports voisins, pour la même destination, ce n’est pas sérieux ! Par ailleurs, l’aéroport de Nîmes a un atout-maître à jouer en matière de Sécurité civile. Il appartient à l’État de dire un certain nombre de choses. Quelle place la France occupe-t-elle dans l’aéroportuaire, face à des géants ? Une rationalisation doit avoir lieu. L’argent public ne peut pas financer des compagnies low cost. Il y a d’autres priorités. Je vais en faire état au nouveau préfet de région. Il est temps que l’État prenne position. Ne pas décider, c’est fragiliser. À un moment, il faut se poser des questions pour des raisons de bilan carbone, et de développement économique. »
À propos d’une possible montée en puissance de Montpellier Méditerranée Métropole au capital d’Aéroport Montpellier Méditerranée : « Depuis 2020, il y a eu cinq ministres des Transports et quatre préfets de l’Hérault. Je leur ai tous écrits à ce sujet. Je n’ai eu aucun retour. Or, l’aéroport compte pour le tourisme, mais aussi pour les congrès. Les collectivités locales doivent être davantage partie prenante sur cet aéroport d’État. »
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Tram à la mer : c’est mort. En revanche, cette même 3e ligne de tramway ne reliera jamais la mer – elle s’arrête à ce jour à la limite sud de la métropole, à Pérols, environ 1,5 km des plages. « Quand bien même nous le voudrions, le projet est infinançable, entre 150 et 170 M€ », précise Stéphan Rossignol. Avant d’ajouter, à propos des études lancées : « Nos deux territoires sont complémentaires. Nous devons montrer à nos concitoyens que nous faisons face ensemble à une conjoncture économique difficile, et que nous sommes capables de travailler ensemble. » « Indépendance ne signifie pas isolement. Et nos concitoyens franchissent tous les jours les frontières administratives de nos territoires », complète Pierre-Martin Chazot, maire de Mauguio-Carnon.