
« Mon rêve serait de retourner en Guyane pour travailler au Centre Spatial de Kourou » : à 20 ans, Clément Bonneau ne cache pas son ambition. Étudiant en troisième année à l’IPSA Toulouse, école d’ingénieurs spécialisée dans l’aéronautique et le spatial, il a grandi tout près de la base de lancement européenne. « Depuis petit, je vois les fusées décoller. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce métier », confie-t-il aux Indiscrétions.
Début octobre, il participe à son premier hackathon : le NASA International Space Apps Challenge, organisé pour la première fois à Toulouse par l’IPSA. Durant 48 heures, il rejoint l’équipe Big Shot avec cinq autres étudiants, Raphaël Dadoun, Moïse Falek, Hugo Bosio, Aaron Osenda et Mathieu Galinier. Leur défi, baptisé Meteor Madness, consistait à imaginer une solution autour de la détection et de la gestion des impacts de météorites.
« On a choisi ce sujet parce qu’il correspondait à nos compétences, explique-t-il. Les autres défis reposaient surtout sur l’intelligence artificielle, et on n’avait pas le niveau requis. » L’équipe conçoit alors un site web combinant une simulation 3D d’impact météoritique et un jeu interactif où l’utilisateur pilote une fusée chargée de dévier l’astéroïde. « Le but, c’était de vulgariser, de rendre compréhensible pour tout le monde la logique des impacteurs cinétiques et l’importance d’anticiper », précise-t-il.
La partie technique s’avère exigeante. « Nous, on est plus orientés aéronautique, donc pas forcément à l’aise avec le développement web. Mais on a appris vite grâce à deux coéquipiers venus de l’informatique. » Fatigue, bugs, nuits courtes… rien n’empêche l’équipe d’aller au bout. Leur projet remporte finalement le hackathon local de Toulouse. « On ne s’y attendait pas du tout. On voulait juste découvrir, et on a gagné ! », partage-t-il.
Clément garde de cette expérience une leçon de méthode autant qu’un souvenir d’équipe. « En 48 heures, j’ai compris la force de l’intelligence collective. On a dû collaborer efficacement sous pression, trouver des compromis, improviser. » L’équipe envisage de poursuivre le développement du projet à l’école, « peut-être même de le rendre public un jour ».
À terme, Clément Bonneau veut rejoindre le secteur spatial. « L’aéronautique, c’est ma passion depuis toujours. Si je peux, j’irai travailler à Kourou », souffle-t-il.